L’ASSURANCE VIE EN UC, CE N’EST PAS DE L’ASSURANCE

Avec son sens de la formule qui lui est si personnel, la Lettre de l’Assurance, dans son n° 1156, titrait « les assureurs veulent « UC » l’épargnant jusqu’à la moelle ».
Cette accroche introduisait un papier citant plusieurs dirigeants du secteur – de compagnies comme de mutuelles –  qui déclaraient axer leur politique de développement Vie sur les contrats en UC.

Il est vrai que les taux de rendement des fonds en Euros ont sensiblement baissé ces dernières années et que cela va continuer. L’épargnant peut alors être tenté de porter son épargne vers d’autres supports. Est-ce uniquement cela qui motive les assureurs à proposer des UC plutôt que des € ? Au prétexte de booster les rendements…
En réalité, en pratiquant ainsi, les assureurs réduisent leurs besoins en fonds propres.
Pour les non-initiés, chaque fois qu’une compagnie d’assurance Vie encaisse 100 €, elle doit augmenter sa marge de solvabilité de 4 €… alors que cette exigence n’est que de 1 € pour un contrat vie en UC, c’est-à-dire dont le capital est constitué de valeurs mobilières (actions et obligations principalement) pouvant fluctuer au gré des marchés financiers.
Les conséquences sont loin d’être neutres pour le client puisque ce faisant, c’est lui qui porte le risque de baisse des investissements alors que dans un fonds en Euros, son capital est garanti.
Transférer le risque au client, voila bien une incongruité de l’Assurance !
L’Assurance n’a-t-elle pas pour mission de protéger l’individu des conséquences financières d’aléas ? Comme le rappelait Didier Ledeur (Directeur Vie de GMF) lors d’une conférence du LAB, la mission première de l’assurance Vie est de sécuriser l’épargne du sociétaire, le taux de rendement du t-il être nul !
Les financiers objecteront – vieilles courbes à l’appui – que sur le long terme, les actions ont toujours un meilleur rendement que l’actif général ; sauf que si cela était relativement exact au siècle dernier, les crises successives ont montré qu’en la matière rien n’était plus acquis. Par ailleurs, quid si le client a besoin de son épargne à un moment ou les cours sont au plus bas ?
La crise a durablement marqué les esprits et il faudra longtemps pour que cela s’efface, d’autant plus que l’économie vacille et que nos dirigeants politiques ne montrent pas l’exemple (cf. divulgation récente de leur patrimoine essentiellement constitué de livrets d’épargne et d’immobilier).
Et que dire du silence de l’autorité de tutelle sur ces politiques de développement des UC alors que se développent les obligations de conseil envers les clients ?
NON, les clients ne veulent pas de vos UC, ils veulent de la sécurité avant tout.
Et si les assureurs rétorquent que les clients veulent le beurre et l’argent du beurre (à savoir, la sécurité et le rendement, voire aussi la disponibilité), c’est que depuis des années, au lieu de leur apporter un minimum de culture financière, on leur a vendu le tout, et la crémière en prime.
On pourrait là évoquer l’actions des réseaux qui, comme le rappelle souvent avec brio Philippe Baillot (BRED Banque Privée), soufflent dans le sens du vent et font que les clients « achètent au son du clairon et vendent au son du canon ».
Non, les réseaux (sauf les réseaux spécialisés comme les CGPI) ne savent pas vendre des UC !
Heureusement, on aperçoit un nouvel eldorado : l’assurance Vie Euro-Croissance concoctée par le gouvernement.
Hélas, l’histoire a montré que les produits décrétés par l’Etat n’ont jamais fait la fortune des assureurs (PEP, PERP, PERE, DSK,…).
Christian PARMENTIER

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