supporters du véhicule électrique: assurance
auto camping auto
électrique à vendre
Histoire du véhicule électrique: 1960 - 1980
1960
VOLKSWAGEN Elektro-Transporter
1961
ELEKTRA King (USA, 1961-1976...)
Conçue par Billard & Zarpe (B&Z Electric Car Co, Long Beach,
Californie).
Moteur électrique DC 1 ch, batteries 6 V, 28 km/h, autonomie 72 km.
Projet racheté par Robert E. McCoy en 1972
Version 3 et 4 roues, choix de 4 moteurs électriques, 25 à 46
km/h, autonomie 28 à 57 km.
MCLOUTH STAINLESS STEEL XV'61 au salon de New York.
Véhicule hybride à carrosserie en acier inoxydable. Il s'agit
d'une voiture spacieuse mais d'un encombrement réduit, conçue
pour la circulation urbaine et pour être prise en charge par un système
de monorail lors de longs parcours.
1962
PEEL (1962-1966)
1964
ELECTRIC SHOPPER (? 1964-1966)
GENERAL MOTORS Electrovair
Série GENERAL MOTORS XP512E, sur base GM Corvair 1964-1966.
13 batteries d'accumulateurs argent/zinc Yardney Silvercel (Yardney Electric
Co)
Essai de pile à combustible hydrogène/oxygène en 1967.
RENAULT Dauphine à accumulateur Argent/Zinc Yardney
Fig. 1 - La Dauphine, avec le capot et le couvercle arrière
soulevés pour montrer les batteries.
Fig. 2 - Vue arrière montrant les batteries, le moteur électrique
et le compteur d'ampères-heures.
Les accumulateurs Argent/Zinc Yardney et l'automobile (Auto
Volt, février 1967)
"Nous avons eu l'occasion (...) d'informer nos lecteurs des essais de
la GENERAL MOTORS, constituant des études expérimentales de
véhicules à traction électrique utilisant des commandes
électroniques. Il s'agissait en particulier de l'ELECTROVAIR qui était
muni de 13 batteries d'accumulateurs argent-zinc. C'étaient des batteries
"YARDNEY SILVERCEL" de la YARDNEY ELECTRIC CORPORATION qui est spécialisée
dans l'accumulation de l'énergie électrique du domaine aérospatial.
Or, cette firme se livre elle-même à des études et à
des adaptations de batteries sur des véhicules, qui présentent
le plus haut intérêt. Nous donnerons donc ci-après les
grandes lignes des réalisations expérimentales, et nous répondrons
succinctement, en nous appuyant sur des argumentations du constructeur lui-même,
aux objections qu'un lecteur ne manquera pas de faire.
Dans une étude, portant sur les fabrications de la SOGEA, (...) nous
avons abordé du point de vue technique les accumulateurs argent-zinc.
Nous ne reviendrons pas sur les principes de ces générateurs.
Véhicules et performances
II faut rappeler d'abord que le premier véhicule qui ait roulé
dans le monde avec une batterie argent-zinc André-Yardney était
une Dyna-Panhard française, qui a été transformée
en 1954 à Paris avec un support YARDNEY. Le "père"
de la batterie argent-zinc est, comme on sait, le professeur Henri ANDRE ;
sa batterie a été perfectionnée et commercialisée
par la Compagnie YARDNEY, et brevetée dans le monde entier.
Dans le stade suivant, en 1964, une Renault Dauphine a été électrifiée
avec une batterie SILVERCEL du type aviation de 113 kg, pendant qu'une voiture
identique était équipée pour comparaison avec une batterie
au plomb de 340 kg, d'une capacité équivalente de 115 Ah. Nous
présentons les caractéristiques et les performances des deux
véhicules sur le tableau ci-joint dont la colonne de droite, à
gauche des chiffres des voitures "conventionnelles", est réservée
aux chiffres d'une voiture projetée, à carrosserie aérodynamique,
conçue pour tirer l'avantage maximal des batteries en cause.
Les performances, telles qu'elles ressortent du tableau, sont assez saisissantes
quant à l'examen des poids, vitesses, accélérations,
rayons d'action. (Les chiffres donnés ne sont qu'approximatifs car
ils résultent de la transformation des unités américaines.)
Les performances des batteries SILVERCEL ne doivent pas surprendre, quand
on sait que leur énergie emmagasinée, exprimée en watts-heures
par unité de poids de batterie, est de 3 à 10 fois l'énergie
calculée de la même manière pour le type au plomb.
Objections
A ces beaux résultats, on peut opposer deux arguments :
1 - L'argent est un métal cher.
Certes, cependant, financiers et techniciens ne sont jamais au bout de leurs
ressources, et la batterie argent-zinc ne doit pas être coûteuse
si l'on veut exploiter ses belles qualités. Financiers et techniciens
réunis diront d'abord que l'argent des batteries, quel que soit le
nombre de cycles que comportera leur vie, n'est ni irrévocablement
transformé, ni dispersé. Il reste dans la batterie, peut être
récupéré et indéfiniment relancé dans les
circuits des batteries neuves. Les techniciens ajouteront que s'il n'y a pas
actuellement assez d'argent sur le marché, aux Etats-Unis notamment,
c'est parce que ce métal n'est en somme souvent extrait que comme un
sous-produit. S'il apparaissait nécessaire d'avoir beaucoup d'argent,
une exploitation plus active, ou même de nouvelles prospections, pourraient
avoir lieu. Les financiers ajouteront des arguments ingénieux : puisque
l'argent ne disparaît pas, et se retrouve quand on veut, il ne faut
pas le vendre mais le louer. Bien entendu, seule une vaste organisation, ou
un organe d'État, seraient susceptibles d'un tel financement. La valeur
de l'argent ne serait pas incluse dans le prix de la batterie, qui ne comprendrait
qu'un intérêt ; mais le possesseur de la batterie pourrait investir
ses deniers dans l'argent comme les autres, s'il la désirait. Nous
regrettons de ne pouvoir développer ces considérations, qui
ne manquent pas d'intérêt (sans jeu de mot), mais qui sont vraiment
trop étrangères à nos préoccupations habituelles
(nous n'oublions pas que le point de vue financier existe dans toute question
technique).
2 - Qu'avons-nous besoin d'un accumulateur, même techniquement avantageux,
quand nous attendons la pile à combustible ?
Certes encore. Mais la pile, malgré les milliards qu'on lui consacre,
et toutes, les espérances qu'elle donne, n'est pas encore commercialisée,
et demandera encore quelques années (ne nous risquons pas à
une évaluation, qui a déjà été faite),
et des mises au point certainement possibles (rien n'est impossible à
la science...), mais difficiles, car le véritable objectif n'est pas
la pile hydrogène-oxygène, mais la pile au carburant liquide
courant. En attendant, il y a des problèmes urgents, qui sont l'économie
des carburants, la lutte contre le bruit et la pollution de l'atmosphère,
et la batterie argent-zinc est au point et commercialisée ; elle a
même fait ses preuves dans des conditions très dures. Les accumulateurs,
celui-ci et les autres, soit qu'on les perfectionne, soit qu'on les découvre
ou qu'on les redécouvre, ont donc un rôle à jouer dans
l'immédiat. Ils en auront même un à jouer quand la pile
à combustible sera au point. Ils serviront d'ailleurs à l'introduire.
Le bien-fondé de tout cela se trouve dans les recherches actives et
originales que de nombreuses compagnies très importantes mènent
dans le domaine des générateurs électrochimiques d'énergie.
Nous en avons donné des échos à nos lecteurs. Il faut
ajouter que les accumulateurs, qui sont au point, sont à même
d'utiliser les commandes électroniques des moteurs, qui semblent nettement
en avance sur la pile.
1965
45 000 véhicules électriques en Grande-Bretagne
Les livraisons de lait et de pain de porte à porte emploient plus de
80 % du parc des voitures électriques.
La production annuelle dépassant les 2 000 unités.
Des ingénieurs français ont mis au point une pile à combustible (8)
Chariot à fourche et Golf-cart ALLIS CHALMERS à pile à combustible
"La Société américaine ALLIS-CHALMERS
vient de réaliser pour expérimentation le premier véhicule
électrique à pile à combustion comme source d'énergie.
Il s'agit d'un "golf-cart" ou voiturette à 3 roues pour terrains
de golf d'un type classique aux Etats-Unis (1) dans lequel les batteries d'accumulateurs
classiques ont été remplacées par une pile à combustion
que l'on aperçoit à l'arrière sur la figure 1.
On sait que la pile à combustion (en anglais "fuel-cell")
mise au point par la GENERAL ELECTRIC Company équipait le véhicule
spatial "Gemini" Mac Donnell lors du vol mémorable de CONRAD
et COOPER en août dernier (190 heures 30 en vol orbital ; distance parcourue
5.343.000 km !).
Les batteries d'accumulateurs "Eagle Picher" argent/zinc (au nombre
de sept) n'étaient prévues que comme "secours" alors
que ces seules batteries équipaient "Gemini IV" pour un vol
spatial de courte durée. (2)
Les deux piles à combustion G.E. de "Gemini V" étaient
capables de produire plus de 2 kilowatts en régime de "pointe"
et ne pesaient que 31 kg chacune !... sous une tension de 26,5 à 23,3
V. Le combustible consistait en 6,8 kg d'hydrogène et 16,7 kg d'oxygène
sous pression. Chaque pile comprenait 32 cellules branchées en série.
Nous en donnerons la description détaillée dans un très
prochain article car cette conception révolutionnaire d'un générateur
électrique à grande puissance massique intéresse tous
les électriciens d'automobiles pour les véhicules de demain.
(...)
Comme on peut le constater, les choses vont très vite aux U.S.A. du
fait de la "course à la montre" engagée avec l'U.R.S.S.
pour la conquête de la Lune où la pile à combustion va
trouver de nombreuses applications de véhicules électriques
spéciaux (fig. 2), alimentation des laboratoires et stations lunaires
mobiles et fixes, habitats, etc. Russes et Américains ont déjà
étudié et mis au point ces ensembles d'avant-garde qui font
avancer la technique à pas de géant et dont toute l'industrie
sera bénéficiaire sur notre terre, d'ici quatre ou cinq ans.
C'est ainsi que, sans perdre de temps, ALLIS-CHALMERS expérimente déjà
des tracteurs, des postes mobiles de soudure électrique par points
et des chariots élévateurs de manutention dans lesquels la pile
à combustion constitue la source d'énergie électrique,
aux lieu et place des lourds et encombrants accumulateurs classiques avec
la sujétion de leurs recharges périodiques.
Ainsi, l'ère de la Pile à combustion est déjà
commencée.
(1) Le véhicule électrique à 3 roues (roue avant directrice)
dit "golf cart" est très employé aussi pour les déplacements
des visiteurs et des employés supérieurs dans les vastes usines
américaines, ainsi que par les présidents des Etats-Unis pour
leurs déplacements dans leurs ranchs et terrains de golf.
Venant de visiter à Toulouse les immenses usines de Sud-Aviation où
se construit avec ardeur le sensationnel "Concorde" en pool avec
la B.A.C. britannique, nous-mêmes aurions bien apprécié
un tel véhicule pour parcourir ces immenses bâtiments : salle
des dessins géante multiples laboratoires d'essais des structures,
ateliers, etc. N'ayant plus hélas ! nos jambes de 20 ans...
(2) Nos relations personnelles avec M. Donnell, constructeur "Gemini",
nous ont permis d'apprendre que Gemini VI (qui n'a pu remplir sa mission le
25 octobre dernier du fait de la défaillance de la fusée "Atlas°
lanceuse de "l'Agena" du rendez-vous spatial) ne comportait pas
de piles à combustion mais 10 batteries argent/zinc dont des 400 Ah...
Ceci en attendant la parfaite mise au point des piles à combustion
qui vont bénéficier de l'expérience acquise dans le vol
spatial de "Gemini VI", rappelé plus haut."
(AutoVolt, novembre 1965, Henry LANOY, Lauréat de l'Académie
des Sciences).
ELECTRO MASTER (? 1965-1969)
MARKETOUR
MOBILETTE
1966
Berline et camionnette électrique GENERAL MOTORS (12)
GENERAL MOTORS Electrovan (12.1966)
Série GENERAL MOTORS XP512E
fourgonnette, sur base GMC Handivan, expérimentale actionnée
par une pile à combustible de 32 éléments à hydrogène
et à oxygène mise au point et fabriquée par la Division
de l'électronique d'UNION CARBIDE.
1967
Critique des véhicules électriques (1.1967) :
Avantages:
Ils ne consomment de l'énergie que lorsqu'ils roulent.
Leurs frais d'entretien sont très bas et leur robustesse certaine (Les
immobilisations pour pannes sont rares.
Ils ne sont pas sensibles au froid et au gel.
Les risques d'incendie sont très réduits.
Les démarrages sont instantanés et faciles et ne demandent pas
d'effort.
La conduite est extrêmement simple et n'exige pas de compétence
particulière (Elle ne met en oeuvre que deux pédales).
La rapidité de démarrage et la valeur des accélérations
compensent en partie les vitesses réduites dans l'établissement
d'une moyenne honorable.
L'énergie de remplacement est fournie dans les heures creuses.
L'empattement court facilite le stationnement.
Les véhicules électriques sont silencieux et propres ; Ils n'émettent
pas de gaz nocifs ; Ils ne salissent ni les marchandises, ni le conducteur.
Avantages du moteur électrique:
Valeurs maxi de couple et puissance dès le régime nominal ou
ralenti.
Le régime augmentant, la courbe de couple s'infléchit, la courbe
de puissance reste pratiquement plate (Même puissance jusqu'au régime
maximum de rotation du moteur).
Inconvénients:
Rayon d'action réduit.
Longueur des recharges (De 5 à 8 heures, mais de nuit).
Difficulté pour les recharges en dehors du garage particulier.
Prix assez élevé des véhicules.
Durée de la batterie d'accumulateurs (4 à 6 ans).
49e Salon de Turin (1-12.11.1967)
Quatre firmes italiennes présentaient une voiture électrique
à destination urbaine : Ghia, Giannini, Moretti, Urbanina.
Ces "curiosités" du Salon de Turin attirèrent de nombreux
amateurs. Précisons que leur technique est des plus classique : moteur
électrique alimenté par des batteries d'accumulateurs au plomb.
Les véhicules exposés par Moretti et Giannini sont des adaptations
qui rappellent les solutions adoptées par de nombreux constructeurs
pendant les deux années de l'occupation.
L'Urbanina, plus élaborée, mérite une attention particulière,
non pour son mode de traction qui reste classique, mais pour sa conception
générale qui sort des sentiers battus. Il en est de même
de la Rowan de Ghia avec châssis De Tomaso qui, par sa carrosserie originale
de petit gabarit, peut préfigurer la voiture de ville de demain.
Transformation AEI Ltd
Poids à vide 1.134 kg, en charge 1.338 kg (poids des batteries 340
kg) ;
Vitesse maximale 66 km/h en plat, en charge ;
Accélérations 5 secondes pour atteindre 29 km/h, 10 s pour 43
km/h, 22 s pour 48 km/h ;
Parcours sans arrêt à pleine puissance 47 km (essai arrêté
à 16 km/h), 59 km sans arrêt à la vitesse constante de
48 km/h, 26 km avec 4 arrêts-départs par mile ; Consommation
47 km sans arrêt (12 kWh).
CARTER Coaster (2.1967)
La CARTER ENGINEERING COMPANY Ltd a étudié et mis au point un
véhicule électrique de ville à accumulateurs, le Carter
Coaster. C'est un véhicule à deux portes et quatre places (en
principe deux adultes et deux enfants), la charge utile étant de 227
kg. Il comporte quatre batteries de 12 V.
Avec un poids d'environ 386 kg (conducteur seulement), une seule charge de
la batterie permet un parcours de 97 km dans des conditions favorables. Une
vitesse maximale de 56 km à l'heure est suffisante pour un trajet qui
ne dépasse pas 32 km, et se traduira par une dépense légère,
La voiture est susceptible de s'amortir en vingt ans environ. Elle doit avoir
la faveur de ceux dont le parcours quotidien est de l'ordre de 32 km, comme
c'est le cas pour les médecins urbains, les infirmières, etc.
Parmi les caractéristiques du véhicule, signalons : un réchauffeur
électrique qui chauffe la voiture quand les batteries ont été
chargées, une carrosserie en plastique avec pare-brise en verre et
fenêtres fixes en plastique transparent, un système de transmission
breveté comprenant une roue libre, un système de barre fixé
au capot pour connecter automatiquement les batteries quand le couvercle est
rabattu, des sièges de plastique cellulaire, deux pédales de
commande.
La conduite comprend les opérations suivantes :
- Une clef tournée dans un sens ou dans l'autre donne la marche avant
et la marche arrière ;
- Le premier mouvement de la pédale de l'accélérateur
fait tourner le moteur vers 3.000 tours à la minute ;
- Si l'on appuie davantage, on agit sur un potentiomètre qui actionne
lui-même un accouplement électromagnétique monté
entre le moteur et le différentiel ;
- On obtient une excellente accélération puisque le moteur tourne
à la vitesse optimale ;
- Si l'on abandonne l'accélérateur, on coupe l'accouplement
et l'on arrête le moteur ; de cette façon, on économise
l'énergie au maximum et l'on tire le kilométrage maximal de
la capacité de la batterie.
Moteur arrière.
Longueur 2.59 m, empattement 1.60, largeur 1.67, hauteur 1.22, rayon de braquage
6 m, poids 318 kg, charge utile 227 kg.
Autonomie 30 km à 56 km/h (A vitesse réduite, sur parcours optimisé,
autonomie 100 km).
DAIHATSU C°
La Daihatsu C° de 800 cm3 pèse 750 kg en version "thermique"
et 990 en version électrique.
Elle est construite par le Battery Electric Car Development Group qui réunit
cinq firmes, dont le constructeur de la voiture.
La partie électrique, électronique et mécanique comporte
une batterie d'accumulateurs au plomb de 84 V et 120 Ah, à recharge
rapide, un moteur électrique de 5 kW, 80 V, 80 A, 2.900 tr/mn, avec
circuit d'huile de refroidissement, un bloc de commande à thyristors,
l'embrayage et la transmission mécanique (conservés).
Les performances sont : deux passagers et une charge de 200 kg, vitesse maximale
70 km/h, vitesse de croisière 50 km/h, pente de 25 % à 10 km/h,
pente de 5 % à 45 km/h, parcours total sans recharge : 80 km.
Fourgonnette électrique ELECTRIC POWER STORAGE Ltd (Manchester)
Pile à combustible hydrogène/oxygène.
Ainsi est bien démontré que la pile à combustible n'est
pas abandonnée, et qu'on recherche des perfectionnements qu'on atteindra
à coup sûr.
FORD Comuta (7.1967)
La "Comuta", voiture électrique Ford (G. Gory, AutoVolt,
juillet 1967)
Ford Grande-Bretagne vient de présenter sa première voiture
électrique. Prévue pour la circulation urbaine et suburbaine,
c'est un prototype expérimental, actionné par une batterie classique
au plomb. D'une autonomie limitée à 65 km environ, cette voiture
ne peut être qu'une avant-garde des voitures électriques de l'avenir.
Selon la firme Ford, les voitures électriques sont susceptibles, pour
l'utilisation urbaine d'être commercialisées dans les dix années
à venir. Il y a encore, en effet, beaucoup de problèmes à
résoudre pour le stockage pratique de l'énergie électrique.
Dès maintenant d'ailleurs, des études sont en train aux U.S.A.
pour l'adaptation à la "Comuta" des batteries sodium-soufre,
ces deux corps constituant les électrodes liquides, avec comme électrolyte
une céramique (solide) à base d'oxyde d'aluminium. (...) Ajoutons
que l'adoption des batteries sodium-soufre donnerait au véhicule en
cause une autonomie dont l'ordre de grandeur pourrait dépasser 300
km, ce qui commencerait à être très intéressant.
Mais il y a des problèmes de prix de revient à résoudre
dans le domaine électrochimique. Quant aux problèmes électriques
et électroniques, ils suivent semble-t-il les études avec assez
d'aisance. Il existe aussi des problèmes mécaniques, car la
répartition des poids et des volumes dans les voitures électriques
n'est pas la même que pour la voiture classique.
Présentation générale
II s'agit en somme d'une voiture pour les cités d'aujourd'hui et de
demain, où les problèmes d'encombrement, de pollution et de
bruit, prennent et prendront de plus en plus, si l'on n'y prend garde, une
importance très inquiétante. Cette petite voiture est conçue
pour transporter deux adultes et deux enfants (ou même trois), ou deux
adultes et des bagages. La photographie ci-dessus donne une vue sympathique
d'une occupation possible. Cette question de la capacité a fait l'objet
d'études spéciales très poussées.
Les caractéristiques du véhicule sont données ci-dessous
:
Longueur 2,03 m, largeur 1,26 m, hauteur 1,42 m, empattement 1,36 m, voie
1,12 m, rayon de braquage 2,74 m, poids 544 kg.
Vitesse maximale 64 km/h, accélération de 0 à 48 km/h
14 secondes, rayon d'action à 40 km/h 64 km.
Ces caractéristiques traduisent bien le faible encombrement du véhicule
et la facilité de manoeuvre pour la circulation et le stationnement.
On peut loger trois Comuta dans chaque emplacement normal attribué
à une voiture.
Organisation générale
Le véhicule complet comporte l'assemblage très facile d'un châssis
et d'une carrosserie. La carrosserie est en fibre de verre et matière
plastique. Le châssis est de la sorte "à épine dorsale
à ailettes", en tôle d'acier assemblée par points
de soudure. C'est sur les branches de cet ensemble que sont montés
le volant, les pédales, la carrosserie, les pare-chocs, les conduites
du chauffage intérieur et de la ventilation, les batteries et les moteurs,
la suspension et les amortisseurs. Seules une pédale de frein et une
d'accélération sont nécessaires puisque les moteurs électriques
et les dispositifs électroniques de commande éliminent naturellement
la boîte de vitesses et l'embrayage. La suspension avant comporte un
bras de levier, et comprend un dispositif Neidhardt. Ce dernier, qui a été
utilisé sur divers véhicules, consiste en un tube en forme d'équerre
avec une pièce de caoutchouc à l'intérieur d'un tube
externe. Le même principe est employé pour la suspension arrière,
et les deux suspensions sont équipées d'amortisseurs télescopiques
classiques. Le freinage est également classique sur chaque roue. Le
frein à main agit sur les roues arrière, La roue de rechange
est placée derrière les sièges arrière.
Circulation d'air
L'air chaud provenant du refroidissement des moteurs électriques est
la source de la chaleur à employer pour le chauffage de l'intérieur
de la voiture. L'orientation de la circulation d'air est commandée
de l'intérieur de la voiture suivant trois principes :
- "Recyclage" de l'air intérieur refroidissant les moteurs
et revenant à l'intérieur ;
- Air extérieur introduit après réchauffage sur les moteurs
;
- Air extérieur admis à l'intérieur de la voiture, puis
renvoyé sur les moteurs avec rejet de l'air chaud à l'extérieur.
La circulation d'air est provoquée par un ventilateur électrique.
Grâce à son action orientée on peut climatiser à
volonté l'intérieur de la voiture.
Partie électrique
Le véhicule est actuellement muni de quatre batteries de 12 V au plomb,
classiques. Cela fait une tension nominale de 48 V. La capacité est
de 85 Ah pour un régime de 1 heure. Deux batteries sont installées
de chaque côté de la poutre du châssis ; elles sont très
accessibles et amovibles grâce à des panneaux latéraux.
Un interrupteur disposé sur le plancher du véhicule à
portée du conducteur permet d'isoler les quatre batteries montées
en série. Les batteries contiennent assez d'énergie pour donner
une autonomie de 64 km à la vitesse régulière d'environ
40 km/h avec une charge moyenne. Quand des batteries de principes énergétiques
nouveaux seront commercialisées, l'autonomie pourra être augmentée,
sans doute d'une manière très importante. Les batteries peuvent
être rechargées au moyen d'un chargeur au garage. On peut aussi
procéder à un échange de batterie si l'on est organisé
pour cela. Le véhicule est muni de deux moteurs électriques
à l'arrière du châssis. Ce sont des moteurs de 5 ch au
maximum. Leur diamètre est de 14 cm environ. Chaque arbre de moteur
se termine par un pignon qui commande un engrenage hélicoïdal.
Des éléments de caoutchouc sont intercalés dans la transmission
pour absorber les vibrations. Les moteurs sont placés dans un carter
d'aluminium relié à une conduite d'air, animée par un
ventilateur électrique et qui est en rapport avec le chauffage de la
voiture, comme nous l'avons dit.
Commande électronique
Les moyens d'action donnés au conducteur sont :
- Une simple commande au pied qui prend la place de la pédale d'accélérateur
de la voiture classique, et qui tient le rôle de la pédale d'accélération,
de la pédale de débrayage et du levier de changement de vitesse,
car le dispositif électrique réalise une transmission automatique
;
- Un levier de sélection donnant de chaque côté d'un point
mort, d'une part la marche avant, d'autre part la marche arrière ;
- Une pédale de freinage mécanique.
L'application de l'énergie motrice aux moteurs, dans les conditions
fixées par la pédale de commande électrique et le levier
de sélection, utilise des thyristors dont nous avons défini
dans d'autres articles les lignes générales d'emploi pour la
traction électrique moderne. (...) Sans vouloir reprendre cette question,
il est bon de rappeler que la variation de vitesse des moteurs s'obtient par
variation de la tension qui leur est appliquée. Cette variation était
réalisée, dans les premières tractions électriques,
en gaspillant sous forme de chaleur, dans des résistances bobinées
ou des piles de carbone, l'énergie qu'on ne pouvait employer dans les
moteurs. Grâce aux thyristors, appareils de commutation extrêmement
rapides, on sait transformer une tension permanente donnée par une
batterie en une série d'impulsions plus ou moins longues de cette tension,
qui donne une tension moyenne inférieure sans gaspillage d'énergie.
On sait aussi que pendant les coupures, et grâce aux selfs des circuits,
on récupère dans les moteurs l'énergie magnétique
empruntée à la batterie, ce qui est excellent pour le rendement
et la régularité du couple. C'est la pédale de l'accélérateur
qui fixe les caractéristiques (durée et fréquence) des
impulsions, c'est-à-dire la tension moyenne qui alimente les moteurs,
et par suite les couples moteurs qu'ils donnent. Dans les circuits électroniques
on rencontre :
- Les contacts fixés par le levier de sélection et actionnés
par la pédale,
- Le circuit de puissance qui comprend les thyristors comme pièces
principales, et des éléments annexes.
- Un ensemble "logique" comprenant les éléments électroniques
qui déclenchent ou bloquent les thyristors, et procurent les sécurités
indispensables, en prévenant notamment les surcharges des moteurs et
l'amorçage des arcs entre les contacts.
Equipements divers
Le véhicule comporte, en plus des dispositifs propres à la traction,
ceux qui sont exigés par tout véhicule routier, tels que les
phares et lanternes, les indicateurs de direction, essuie-glace et lave-glace.
Le tableau de bord comporte un indicateur de charge de la batterie.
GHIA Rowan (Turin, salon de Turin, 11.1967)
Berline 2 + 2 places, 3 portes, dotée de 2 moteurs électriques
- châssis réalisé par De Tomaso -.
Ce véhicule dénommé le "Rowan" est annoncé
comme pouvant se déplacer à la vitesse de 75 km/h avec une autonomie
de 300 km.
GIANNINI (Rome, salon de Turin, 11.1967)
Sur Fiat 500, transformation portant sur le moteur uniquement.
Celui-ci est remplacé par un moteur électrique alimenté
par 8 batteries au plomb, classiques de 6 volts.
La vitesse horaire est de 50 km/h ; l'autonomie de 100 km.
"Mini-vélo" électrique de la HIGH SPEED
MOTORS Ltd (Angleterre du Sud)
Ce très petit véhicule est susceptible de faire du 48 km à
l'heure en plat avec un cavalier de 90 kg.
On peut évidemment recharger la nuit.
Il a un frein puissant à l'avant et à l'arrière, et une
monocoque en plastique, entièrement fermée, qui constitue une
carrosserie qui résiste à la corrosion.
MORETTI (Turin, salon de Turin, 11.1967)
Sur base Fiat 500.
Celle-ci peut rouler à 50 km/h avec une autonomie de 100 km.
Moretti a également annoncé qu'il préparait un prototype
capable de rouler à 60 km à l'heure avec 2 personnes à
bord, l'autonomie de ce véhicule est annoncée pour 200 km.
Scooter électrique POWELL et C° (pays de Galles)
Voiture à deux places TIRL (Tube Investments Research
Laboratories, Essex)
Petite voiture à deux places, carrossée en plastique, et disposant
d'une autonomie de plus de 80 km, à une vitesse moyenne de 40 km/h.
Elle peut faire un dur trajet de 48 km avec 176 arrêts et démarrages,
en conservant de bonnes accélérations.
Cette voiture a une batterie classique.
URBANINA Ue 2 (Pise, salon de Genève, 5.1967)
5 applications présentées au salon de Turin (11.1967) et, pour
la première fois, un châssis 4 places bimoteur électrique
pouvant atteindre 86 km à l'heure et ayant une autonomie de 180 km.
Elle existe en deux versions : une électrique (U.e. 2) et une à
moteur thermique (U.sc.), avec un moteur de 2 CV (puissance fiscale italienne).
Elle a une longueur de 1,96 m, une largeur de 1,28 m et une hauteur de 1,70
m.
Elle peut transporter deux passagers.
Elle peut se garer partout grâce à une carrosserie tournante
qui permet de descendre de tous les côtés.
Les caractéristiques principales pour le type électrique sont
les suivantes :
Moteur électrique 1 kW, 24 V, disposé sous le plancher batteries
d'accumulateurs spéciales.
Transmission progressive, levier de sélection sur le volant, "possibilité
de monter n'importe quelle pente".
Carrosserie en plastique vitrifié, poids à vide 335 kg (le poids
du type à moteur thermique est de 310 kg).
Vitesse maximale 70 km/h, autonomie de 80 km.
1968
MIT versus Cal Tech Great electric vehicle Race (USA)
Premier rallye de l'Electric Auto Association aux USA
Voiture de record AUTOLITE, 138 mph (222.042 km/h)
1969
CAPRERA Algol (12.1969)
Monoplace à 3 roues ("Conçue en tenant compte des exigences
de 1980" selon ses concepteurs); Voiture qui serait utilisée comme
taxi urbain sans chauffeur avec des pièces de monnaie.
EFP - ELECTRIC FUEL PROPULSION (? 1969-1976)
années 70'
Prototype American Motors Amitron
Dans le cadre des véhicules à traction électrique à générateur électrochimique, qui font l'objet de recherches acharnées et curieuses, nous donnons ci-après quelques renseignements sur l'Amitron, véhicule urbain dont l'originalité réside pour nous dans le choix et dans la conjugaison de batteries d'accumulateurs de deux espèces. Il s'agit donc d'un véhicule hybride.
Caractéristiques générales
Il s'agit d'un véhicule urbain à trois places de front, le prototype
AM, appelé Amitron, qui fait l'objet d'une réalisation conjointe
de American Motors et de Gulton Industries, pour le développement de
l'automobile électronique. Nous donnerons plus loin les particularités
électriques.
Il a un rayon d'action de 240 km, avec une vitesse de croisière de
80 km à l'heure, et une accélération de O à 80
km/h en 20 secondes.
Le véhicule a une longueur totale de 2,16 m, une largeur de 1,77 m
et une hauteur de 1,17 m. L'empattement est de 1,52 m, la voie est égale,
les roues sont de 20 cm. Les unités anglaises sont traduites en unités
françaises dans la présente note.
Les plans prévoient des sièges gonflés, qui peuvent être
dégonflés et ramenés au niveau du plancher pour donner
une large surface de charge. Le système électronique est logé
derrière les sièges.
Les cadrans sont montés dans le style "hélicoptère"
au-dessous du volant. Ils sont plus larges que sur la plupart des véhicules
pour l'aisance de la lecture.
Pour donner des facilités pour l'entrée ou la sortie, la toiture
entière peut tourner et se rabattre autour de charnières à
contrepoids qu'on actionne par un levier elle peut être actionnée
de chaque côté.
De larges pare-chocs avant et arrière, dessinés comme parties
intégrantes de la voiture, sont en une matière nouvelle (vinyle-caoutchouc),
qui absorbe les chocs et revient à sa forme naturelle.
Les glaces sont très larges et non levables, car il y a un système
de circulation de l'air.
Les phares ont une protection. Quand on ferme le circuit, cette protection
tourne et dégage les lampes.
Les batteries
Le véhicule est doté, d'une manière originale, de deux
types d'accumulateurs de traction.
La batterie principale est composée d'éléments Iithium-fluorure
de nickel ; ils
sont plus compacts et plus légers que ceux des batteries classiques.
Il y a deux groupes
d'éléments, chacun d'eux pesant 34 kg et ayant les dimensions
33 x 32 x 60 cm. Ces batteries
emmagasinent 10 fois plus d'énergie que les batteries au plomb pour
le même encombrement.
Sur la photo, on voit, au premier plan, une demie batterie au lithium qui
a la même énergie que 45 batteries de traction classiques que
l'on voit à l'arrière plan.
A noter que le lithium est le métal le plus léger et qu'il est
abondant.
En plus des deux groupes au lithium le véhicule en cause comporte deux
batteries au cadmium-nickel de 11 kg, chacune ayant les dimensions 46 x 25
x 6 cm, avec un système de commande compact.
Une symbiose est organisée pour les deux groupes de batteries. Les
batteries au lithium donnent l'énergie de croisière à
débit modéré. Les batteries au cadmium-nickel donnent
les décharges énergiques nécessaires pour les accélérations.
Elles sont rechargées en vitesse de croisière par les batteries
au lithium.
La batterie de la voiture peut être rechargée complètement
environ mille fois en trois ans. La recharge complète peut être
faite en quatre heures. La quantité d'énergie pour un parcours
d'environ 32 km peut être donnée en 30 mn sur un courant domestique
ordinaire, ou en 10 mn avec une dérivation spéciale.
Un rendement supplémentaire est donné par un freinage à
récupération sur les batteries, au moyen de la pédale
normale de freinage. Cela peut ajouter 25 % au rayon d'action de la voiture.
AUDI 100 Electric (Volkswagen, Bosch, Varta)
Prototype Electric Town Car de COPPER Development Association
18 batteries au plomb 6 V Exide EV-106.
53 mph (85 km/h), autonomie 103 miles (166 km).
ERPI-1 russe (2.1970)
Depuis deux ans la section d'études et de recherches de l'Institut
polytechnique d'Erevan (Arménie soviétique) s'attache aux problèmes
de création de la voiture électrique.
Trois variantes de principe ont été élaborées.
La première a les deux roues arrières motrices, entraînées
chacune par un moteur. L'utilisation de thyristors dans le système
de régulation permet de grosses économies de courant. L'énergie
des 18 accumulateurs est débitée par impulsion, ce qui permet
une régulation de la marche sans pertes de courant.
Récemment, la "ErPi-1" a effectué 70 km sur l'itinéraire
montagneux Erevan-Sevan, à la moyenne de 50 km/h.
"ErPi-1" est montée sur un châssis d'automobile OUAZ-451.
Elle peut déjà être utilisée pour des livraisons
dans les villes.
Des variantes sont en essai :
1° à moteurs à courant alternatif;
2° système combiné de moteurs : un petit moteur à
explosions assurant la recharge des accumulateurs en cours de route. (A.P.N.)
Prototype Ford Berliner
Ford présente un véhicule électrique urbain étudié
et réalisé au nouveau centre de Ford Allemagne à Merkenich.
Il est baptisé Berliner. C'est un prototype expérimental pour
la recherche d'une solution au problème de la congestion des villes,
dont les dessinateurs et les ingénieurs de Ford se préoccupent
depuis longtemps. Les recherches sont dirigées aussi bien vers la forme
et le dessin que vers les moyens de propulsion.
La longueur est de 2,133 mètres. L'empattement, la hauteur totale et
la largeur hors tout sont de 1,37 mètre.
La voiture est destinée à transporter quatre personnes, et offre
un espace intérieur comparable à celui d'une voiture deux fois
plus longue. Elle peut être transformée en véhicule de
livraison ou en break grâce au système Ford de pliage de sièges.
Ce résultat a été obtenu en installant les deux sièges
arrière face à l'arrière. On peut replier les trois sièges
de passagers on dispose alors d'une vaste surface pour le chargement.
Les commandes sont réduites à un sélectionneur de marche
avant ou arrière, un accélérateur et un frein.
Le véhicule est propulsé électriquement par des batteries
classiques et comporte un système de transmission entraînant
les roues arrière. Les recherches sur une propulsion électrique
susceptible d'augmenter le rayon d'action sont en cours depuis longtemps dans
les centres des Etats-Unis. La voiture peut être équipée
d'un moteur à explosion.
Voiturette électrique General Motors à batterie
zinc-air
Cette voiturette électrique a un moteur d'une puissance de 1,5 ch.
Elle est pourvue d'une batterie zinc-air, mise au point par la General Motors
(on la voit sur la photo avec une de ses plaques de zinc).
La batterie pèse 32 kg et sa puissance est de 1 kW.
Elle fournit les mêmes performances qu'une batterie au plomb pesant
117 kg.
Son amélioration ouvrirait des perspectives intéressantes, car
aucune des batteries actuellement commercialisées n'est susceptible
de satisfaire à la fois aux conditions idéales de puissance
et d'énergie massiques.
Dans des perspectives à court terme, la batterie zinc-air, qui peut
être rechargée mécaniquement, offre ces perspectives.
La batterie zinc-air de General Motors n'occupe que 45 dm3 et atteint la puissance
massique de 30,8 à 57,3 watts par kilogramme, avec une capacité
d'environ 66 watts-heure par kilogramme.
Mise en comparaison, une batterie au plomb occupe 51 dm3 et ne possède
qu'une puissance massique de 8,8 watts par kilogramme et qu'une énergie
massique de 22 à 26,4 watts-heure par kilogramme.
La formule zinc-air est susceptibles d'être améliorée
par le perfectionnement des cellules et l'augmentation des quantités
de zinc.
Elle devrait permettre d'atteindre la puissance massique de 176 watts par
kilogramme et l'énergie massique de 110 à 176 watts-heure par
kilogramme.
Prototype GLOBE-UNION Maxima
break, batteries plomb/acide 12 V, 4350 pounds (1973 kg).
75 mph (121 km/h).
Véhicule urbain hybride MAZDA EX 005 au salon de Tokyo
Il est mû par un moteur électrique alimenté par une batterie,
maintenue en charge par une dynamo qu'entraîne un petit moteur à
piston rotatif tournant à régime constant.
L'EX 005, qui peut accueillir quatre personnes, est constitué de trois
éléments moulés en matière plastique : plate-forme,
intérieur et pavillon amovibles.
Les changements de direction, l'accélération et le freinage
sont commandés par un levier unique disposé entre les sièges
avant.
MBB Elektrotransporter (Messerschmitt Bolkow Blohm, Bosch, Varta, Bayer)
Un camion NISSAN EV-4H (batteries plomb-acide) parcourt 308 miles avec une seule charge.
Prototype SEAR'S AND ROEBUCK XDH-1
Base Fiat 128, batteries plomb/acide DieHard.
1970
Piles à combustible hydrox sur APOLLO 13 (NASA, avril).
Une explosion dans le réservoir d'oxygène du vaisseau spatial
mit ses piles hors service.
Pendant plusieurs jours, les trois astronautes (James Lovell, Fred Haise et
James Swigert) luttèrent pour leur survie dans leur capsule dangereusement
sous-alimentée, mais purent heureusement regagner la Terre sains et
saufs.
AUTOETTE
Voiture électrique CGE Grégoire
Les laboratoires de Marcoussis (CEAC SAFT) ont travaillé sur les formules
traditionnelles des accumulateurs au plomb en développant des "couples"
à hautes performances tels que l'air-métal qui, en multipliant
l'énergie massique, permet d'emmagasiner 2,5 fois plus d'énergie
pour un même poids embarqué. Le rayon d'action du véhicule
est augmenté d'autant.
Des travaux très avancés concernent également les couples
sodium-souffre, correspondant à une énergie massique au moins
cinq fois supérieure à celle du couple au plomb.
Si de tels générateurs exigent encore de 10 à 15 années
d'étude et ne sont pas encore totalement adaptés aux conditions
de circulation actuelles, les piles à combustible, au méthanol
par exemple, sont en revanche susceptibles d'être mises en service pour
accéder au domaine des véhicules de tourisme. Cependant leur
mise au point définitive et l'abaissement du coût de revient
demanderont encore quelques années de recherche.
Contrôle commande du moteur
e contrôleur placé entre la batterie et le moteur permet de commander
la puissance prise à la batterie et fournie au moteur. La formule la
plus répandue est, à l'heure actuelle, les contrôleurs
à semi-conducteurs qui envoient des impulsions de courant dont la fréquence,
l'amplitude ou la durée permettent de moduler la puissance du moteur.
Les recherches faites par Alsthom en ce domaine ont permis d'apporter à
la voiture électrique une souplesse de conduite, un silence de fonctionnement
et une fiabilité qui assurent l'agrément et la sécurité
de la voiture.
L'avenir
Si, jusqu'à présent, comme le soulignait M. Chatenet, le véhicule
électrique n'a été qu'un sujet d'intérêt
à éclipses c'est, au fond, parce qu'on n'en avait pas réellement
besoin.
Pénurie de combustibles, lutte contre la pollution, l'actualisation
de l'énergie électrique s'accélère et s'affirme,
précisément le souci d'affranchir progressivement la production
d'électricité par rapport aux combustibles fossiles, notamment
par le développement de l'énergie nucléaire.
Les besoins en énergie nouvelle se développent parallèlement
aux besoins des transports et une spécification entre transports routiers
et citadins, individuels et collectifs, contribuera au succès de la
voiture électrique.
La voiture électrique CGE (J. POTHET ingénieur de la Société
FULMEN, Ingénieurs de l'Automobile, 7.1976)
Attentive depuis ses origines à toutes les applications de l'électricité,
la C.G.E. s'est intéressée aux voitures électriques lorsque
les circonstances l'y ont poussée.
Ainsi, en 1940, elle demandait à l'ingénieur Grégoire
de lui étudier une automobile spécialement conçue pour
la traction électrique, et elle sortait un élégant cabriolet
à deux places qui pesait sans accus 500 kg. Avec ses 400 kg d'accus
(144 Ampères-heures - 96 Volts), cette voiture avait les meilleures
performances sur le marché : Vitesse : 55 km/h - autonomie : 100 km.
Le 11 septembre 1942, l'ingénieur Grégoire, pilotant une voiture
de série sur laquelle il avait monté 700 kg d'accus (280 Ampères-heures
- 96 Volts), établissait un record du monde. Sous le contrôle
de Monsieur Delpeyrou, contrôleur officiel de l'Automobile Club de France,
il parcourait 250 km sur la route Paris-Tours à plus de 43 de moyenne.
En 1970, les problèmes d'environnement remettent la voiture électrique
au premier rang de l'actualité. La C.G.E. charge alors la Société
FULMEN de construire un véhicule électrique, en tenant compte
de l'expérience acquise précédemment et en utilisant
les possibilités actuelles des techniques automobiles et électriques.
On demanda à l'ingénieur Grégoire d'étudier selon
sa technique un véhicule original, mécanique et carrosserie.
Les différents éléments de la propulsion électrique
sont le résultat des travaux de recherche de différentes filiales
du groupe C.G.E.
Les moteurs sont fournis par UNELEC, les variateurs électroniques par
E.V.R. (Eclairage des Véhicules sur Rail), la Société
FULMEN, "pilote" du programme, fournissant les accumulateurs au
plomb.
I - DESCRIPTION DU VEHICULE
Ce véhicule est une mini-fourgonnette, 2 places, longueur : 3 m 30,
largeur : 1 m 34, hauteur : 1 m 41, poids total à vide : 940 kg dont
400 kg de batteries, charge utile : 200 kg, soit 1 conducteur + 125 kg.
Les répartitions de poids sont les suivantes :
- Châssis équipé + carrosserie : 460 kg
- Batteries : 480 kg
- Equipement électrique (moteur, variateurs, etc.) : 80kg
- Total : 940 kg
Performances
- Vitesse maxi sur plat :
mode économique : 60 km/h
mode rapide : 75 km/h
- Accélération 0 à 30 km/h : 6,5 s
- Pente maxi gravie : 15 %
- Autonomie: de 60 km en circulation urbaine dense à 120 km en circulation
routière fluide.
Ceci se traduit par les consommations suivantes :
de 100 Wh/km/Tonne à 200 Wh/km/Tonne.
Chaîne synoptique du véhicule
Ainsi que le montre le schéma, la chaîne est composée
:
- d'une source d'énergie ; dans le cas présent, accumulateur
au plomb ;
- d'un variateur électronique destiné à commander le
moteur ;
- d'un moteur électrique ;
- d'un pont réducteur classique, monté en bout de moteur, et
transmettant le mouvement aux roues.
Implantation des matériels
- La batterie est implantée pour moitié (200 kg) à l'avant
du véhicule pour moitié à l'arrière. Cette solution
assure une bonne répartition des masses.
- Le moteur et le pont sont à l'arrière, ce véhicule
étant à traction arrière.
- Le variateur est situé dans la partie arrière du véhicule.
II - CARACTERISTIQUES MECANIQUES
Plate-forme
constituée par une carcasse interne composée de pièces
en alliages légers coulés.
Ces pièces solidement boulonnées entre elles, forment un ensemble
d'une exceptionnelle rigidité.
4 roues indépendantes
à l'avant par parallélogramme,
à l'arrière par bras tirés.
Suspension
pneumatique par pistons et coussins basse pression (Brevets J.-A. Grégoire).
Direction
à crémaillère.
Transmission
Ensemble réducteur dans un carter étanche comprenant deux pignons
hélicoïdaux plus couple conique Gleason.
Rapport de réduction 1/7,43.
Le réducteur est suspendu (type de Dion) avec deux arbres à
cardans transversaux.
Freins
hydrauliques Lockheed à tambour : diamètre 180 avant ; diamètre
225 arrière.
Roues
du commerce: 135 x 13.
Carrosserie
Fourgonnette avec porte arrière et 2 portes latérales coulissantes.
Carrosserie en résine synthétique renforcée fibre de
verre.
III - ENSEMBLE DE PROPULSION ELECTRIQUE
- La propulsion du véhicule est assurée par un moteur attaquant
un pont-réducteur à l'aide d'un couple conique. Ce moteur est
du type à courant continu et excitation séparée.
- Un variateur électronique, commandant ce moteur, permet de réaliser
les fonctions suivantes :
- La variation progressive de la vitesse du moteur de O à V maxi.
- Le choix entre deux modes de fonctionnement (mode économique ou mode
rapide).
- La limitation de la vitesse du moteur à vide (en cas de rupture d'un
élément de transmission).
- La limitation de la vitesse du véhicule dans une descente en assurant
un freinage récupératif (recharge batteries).
- L'alimentation du moteur se fait à partir de la batterie,
par l'intermédiaire du variateur électronique, lequel est composé
essentiellement de deux découpeurs électroniques.
- Le premier découpeur, à thyristors, permet de faire varier
la tension d'alimentation (3 Volts à 96 Volts) de l'induit moteur en
fonction de la pédale d'accélérateur. Le courant d'induit
est limité à une valeur I max. (220 A).
- Le deuxième découpeur à transistors, permet de faire
parcourir les inducteurs par un courant proportionnel au courant d'induit,
selon une loi : i = aI + b, donnant ainsi au moteur les caractéristiques
d'un moteur série.
- Un accélérateur à cellule photo-résistive
(variation de résistance par variation de lumière), transmet
au variateur les informations reçues de la pédale d'accélérateur,
pour agir sur les découpeurs.
- Ce variateur reçoit également les informations de sécurité
interdisant les fausses manoeuvres, détecte les anomalies de fonctionnement,
les transmet à un thyristor dit "de court-circuit", lequel
provoque ainsi l'ouverture du circuit d'alimentation.
CARACTERISTIQUES ELECTRIQUES DE LA CHAINE
MOTEUR
Type : courant continu, excitation séparée ;
Tension d'alimentation : variable de 3 à 96 V ;
Régime de rotation : 4 500 t/mn à 60 km/h (mode économique),
5 600 t/mn à 75 km/h (mode rapide) ;
Puissance : 14,6 kW à 2400 t/mn (régime 1 minute), 5 kW à
4500 t/mn (régime unihoraire) ;
Poids : environ 36 kg ;
Régime de survitesse : 9 000 t/mn pendant 5 minutes ;
Refroidissement : air forcé
COMMANDE ELECTRONIQUE
a) de l'induit
Tension d'alimentation : 81 à 96 V ;
Tension minimale de sortie : 3 V ;
Courant maximal : 220 A (régime 1 minute).
b) de l'inducteur
Tension d'alimentation : 81 à 120 V ;
Commande à partir du courant d'induit : i = k I, 2 valeurs de K pouvant
être sélectionnées (mode économique et mode rapide)
;
Limitation inférieure pour le courant i d'excitation.
BATTERIE
Tension nominale : 96 V ;
Poids des éléments : 400 kg ;
Energie massique : 38 Wh/kg au régime de 5 h.
Les voitures à traction électrique
Le problème était d'avoir une pollution nulle, un silence complet,
un fonctionnement alliant la sécurité et la fiabilité.
C'était le problème de la traction électrique. Il a été
résolu avec 300 voitures munies de la classique batterie au plomb et
d'une commande électronique à impulsions, aujourd'hui classique
aussi, et dont nous avons donné à plusieurs reprises des exemples.
Il ne s'agissait pas de véhicules expérimentaux utilisant des
générateurs ultramodernes, mais en somme de véhicules
actuellement classiques et permettant un essai de masse.
Deux types de voitures électriques ont été conçus.
Le premier réalisait pour tous les pavillons un transport du personnel,
et pour le public un service de taxis utilisés notamment par des groupes
de personnes handicapées.
Le second fournissait un moyen de transport rapide pour la police, les pompiers,
les ambulances et les personnels divers d'intervention.
Le premier type, qui pouvait être conduit par n importe qui, avait une
vitesse limitée à 20 km/h. Le second avait une vitesse de pointe
assez élevée, pouvant atteindre 60 km/h. Le maître d'oeuvre
était Daihatsu.
Deux cent cinquante voitures lentes ont été construites leur
modèle est représenté par la figure ci-dessus. Elles
étaient peintes de couleurs différentes suivant l'affectation.
Elles ont circulé en permanence pendant six mois. Leurs caractéristiques
étaient les suivantes :
Poids total 980 kg, batteries au plomb de 96 V, 125 Ah t 280 kg, énergie
massique des accumulateurs 42 Wh/kg.
Moteur de 1,5 kW avec pointe de 3 kW (par exemple pour le franchissement des
pentes à pleine charge), commande électronique par impulsions.
Vitesse maximale 20 km/h, vitesse de trafic 5 à 15 km/h, rayon d'action
145 km.
Soixante véhicules rapides donnaient des performances
plus élevées. Leurs batteries étaient les mêmes
que celles des véhicules lents, mais il y avait neuf batteries au lieu
de huit. Les caractéristiques étaient les suivantes :
Poids total 1 tonne, batteries au plomb de 108 V, l25 AQh, 315 kg.
Moteur de 3 kW, capable de surcharge, commande électronique par impulsions.
Vitesse maximale 69 km/h, vitesse de trafic 5 à 45 km/h, rayon d'action
entre 80 et 120 km suivant la vitesse utilisée.
La recharge
La recharge était effectuée en principe dans un garage situé
près de la gare du monorail par une centaine de chargeurs automatiques.
Il fallait 5 à 6 heures pour la recharge dans le cas d'une décharge
complète. La charge était effectuée pendant la nuit mais
des recharges rapides étaient prévues dans la journée,
en particulier pendant l'heure du déjeuner.
Le bilan
Le 9 septembre, soit quatre jours avant la fermeture de l'exposition, M. J.
Bénézech a pu faire le bilan des opérations avec les
dirigeants de l'organisation s'occupant de la charge et de l'entretien. Il
a pu poser les questions utiles et conduire des véhicules. A part des
accidents mineurs demandant de menus travaux de carrosserie, il n'y a pas
eu d'incidents notables. Beaucoup de voitures atteignaient des parcours journaliers
de 125 à 135 km. La construction était soignée et le
silence remarquable à toutes les vitesses. Aucune batterie, aucun moteur,
aucune commande électronique n'a été changé. Le
prix de revient du kilomètre parcouru a été égal
environ au quart de celui qu'auraient donné des voitures à moteurs
thermiques équivalentes.
L'expérience a été très concluante et des constructeurs
comme Daihatsu et Toyota vont en tirer les conséquences. Des prototypes
sont en cours de réalisation.
Perpectives
La carte de la lutte antipollution va être jouée vigoureusement
au Japon, où la pollution croît d'une manière très
alarmante, étant donné le très vif développement
de toutes les industries, métallurgiques, chimiques, automobiles, électroniques
et autres. Le Gouvernement et le public sont alertés. Une remarque
personnelle de M.J. Bénézech vaut d'être rapportée.
Alors qu'au cours d'un voyage effectué en 1964, il avait pu admirer
à plusieurs reprises le célèbre et national Fusi-Yama,
il n'a pas pu le voir en entier en 1970, à cause de l'apparition d'une
sorte de brume sur la côte du Pacifique, due à l'humidité
et à la densité des établissements industriels, dont
l'activité a doublé en six ans.
Aussi les recherches sur les générateurs électrochimiques
sont-elles très actives. La Société Sony, par exemple,
a établi un prototype de pile zinc-air, utilisant le zinc en poudre,
et qui, après avoir donné 25 W/kg, dépasse actuellement
35 W/kg. La consommation de zinc est de 1,4 kg par kW/h. Il y a récupération
des oxydes et hydroxydes de zinc et aussi de l'électrolyte, en vue
de régénérer les matières. Des bureaux de recherche
importants sont créés.
Trois piles à combustible étaient présentées à
Osaka.
Le robot d'exploration LUNOKHOD 1 se pose sur la lune, dans la mer des Pluies,
le 17.11.1970.
missions Luna 17 à 24
recueil de roches lunaires et examen des propriétés du sol.
Lunokhod roule 10.5 km sur la lune.
MERCEDES-BENZ Electrobus à propulsion bi-mode (Mercedes-Benz, Bosch-Varta)
Prototype de voiture de ville MINIPHO
PEUGEOT signe un accord avec Alsthom pour l'application de l'énergie électrique à l'automobile
1971
Lors d'un colloque sur la traction électrique à Erevan, avec
les savants tchèques et bulgare, les techniciens soviétiques
ont présenté un électromobile (agence Tass, 11.1971)
La Grande-Bretagne active la mise au point de la voiture électrique (10)
La United States Post Office utilise des fourgons anglais électriques
HARBILT
programme pilote à Cupertino, California Post Office
A la suite de cet essai, positif, la United States Post Office commande 350
fourgons Jeep électriques à AM General Corp, division d'American
Motors.)
GENERAL MOTORS Sunraycer vainqueur du raid Darwin-Adelaïde
21 concurrents, 3005 kilomètres parcourus en 44 heures et 54 minutes,
à la moyenne de 66,92 km/h (deuxième Ford à... 900 km
!). Déjà, au cours du prologue, le Sunraycer avait imposé
sa loi avec Vitesse de pointe 113 km/h au cours du prologue (seul prototype
à pouvoir dépasser 100 km/h) Panneau solaire comprenant 7 200
cellules avec un pouvoir de conversion énergétique de 16,5 %,
puissance de 1 kW sous une tension de 150 volts (soleil au zénith).
Groupe d'accumulateurs rechargeables composé de 68 éléments
zinc/argent (1,5 volt et 25 Ah chacun) ne pesant que 36 kg, soit 1/5e d'un
ensemble classique plomb/acide de mêmes prestations. Châssis en
tubes d'aluminium et carrosserie en matériau composite, poids 330 kg.
LUNAR ROVER VEHICLE, missions Apollo 15, 16 et 17, 1971-1972
BOEING Co, composants Delco Electronics (GM)
- Apollo 15 : du 26.7 au 7.8.1971. 12 j 7 h 11 min 53 s. David Scott, James
lrwin et Alfred Worden (MC). 30.7 le Lemsepose dans la mer des Pluies, au
pied des Apennins. Scott et Irwin font un séjour de 66 h 55 min, utilisant
la "Jeep lunaire" pour 3 sorties (18 h 35 min, 28 km parcourus)
; 4.8 retour ; 7.8 amerrissage ; 76 kg de roches rapportées.
- Apollo 16 : du 16 au 27.4.1972. 11 j 1 h 51 min. John W. Young, Charles
Duke Jr, Ken Mattingly II (MC) ; 21.4 le Lem se pose près du cratère
Descartes; séjour de 71 h (3 sorties de Young et Duke : 20 h 15 min
; 26,7 km parcourus) ; 27.4 : retour ; 95,4 kg de roches rapportées.
- Apollo 17 : du 7 au 19.12.1972. 12 j 13 h 52 min. Eugen Cernan, Ronald Evans,
Harrison Schmitt (géologue) ; 11.12 le Lem se pose dans les Monts Taurus
prèsdu cratère Littrow, séjour 74 h 59 min (3 sorties
de Cernan et Schmitt : 22 h 04 min ; 36 km parcourus); 17.12 sortie dans le
vide (Cernan) au retour; 117 kg de roches rapportées.
les vols Apollo 12 à Apollo 17 nont eu lieu que pour utiliser
les fusées Saturn déjà existantes, les explorations scientifiques
effectuées servaient seulement à justifier les expéditions.
Les appareils de liaison Terre-Lune ont été débranchés
le 1.10.1977, les kilomètres de bandes magnétiques enregistrées
ont été mises de côté et, sur les 382 kg de roches
lunaires stockées, environ 350 kg nont pas été
analysés.
Le poids de la Jeep était de 217 kg sur la terre (pour éviter
cette dernière précision, il suffirait de dire que sa masse
était de 217 kg). Elle pouvait porter une charge utile d'environ 480
kg (dont environ 180 pour chaque astronaute et son équipement, 90 de
matériel scientifique et 30 d'échantillons minéraux,
ces chiffres étant des masses en kg). Sur la Lune, la Jeep ne pesait
plus que 27 kg.force.
Sa force motrice provenait de deux batteries non rechargeables de 36 V chacune,
de la variété argent-zinc, capable l'une ou l'autre de fournir
l'énergie nécessaire pour la marche. La force motrice était
transmise à chaque roue par un moteur électrique d'un 1/4 de
cheval, qui lui était spécialement affecté, et qui était
un moteur à courant continu avec collecteur et balais.
Le véhicule lunaire n'avait pas de pneumatiques, étant donné
notamment l'emploi sur terrain spécial dans le vide. Chacun pesait
5,5 kg, et était constitué par une résille de fil d'acier,
avec renforcement en titane.
Pour le pilotage, on disposait d'un petit "manche à balai"
en forme de T, suivant un principe voisin de celui de la "voiture électronique"
des frères Jarret.
Il n'était pas question d'une forme aérodynamique, étant
donné qu'il s'agissait d'un véhicule lent et d'un déplacement
dans le vide. Mais il y avait des "garde-poussière" pour
protéger les conducteurs et les matériels de la poussière
lunaire si gênante.
L'autonomie de marche était de 72 km environ pour 78 h de marche. En
fait, il y a eu trois sorties totalisant 28 km. Le véhicule pouvait
faire 16 km/h au maximum en plat, avec une vitesse normale de l'ordre de 50
km/h, et tourner avec un rayon de braquage de 3 m. Des moteurs auxiliaires
étaient utilisés pour la direction. Le véhicule lunaire
pouvait gravir des pentes de 25°, franchir des obstacles de 30 cm ou des
crevasses de 70 cm, s'incliner sur le côté ou en avant à
45° sans basculer.
La Jeep repliée dans le compartiment inférieur du LEM occupait
l,65 x 1,49 m. Les roues motrices se déployaient automatiquement à
l'ouverture du compartiment pour être en ordre de marche, en ne demandant
aux astronautes que l'effort sur quelques leviers de verrouillage. Les sièges
et l'appareillage se verrouillaient automatiquement. Le véhicule occupait
alors une surface de 3 x 1,80 m.
Un véhicule d'entraînement pour la terre a constitué une
version du véhicule lunaire, avec des moteurs d'un cheval, nécessaires
dans une plus grande pesanteur, des pneumatiques classiques, et une batterie
rechargeable au cadmium-nickel.
La base Hadley : L'astronaute lrwin, d'Apollo XV, contrôle l'équipement
du véhicule lunaire à côté du LEM ; la voiture
est vue de l'avant. A l'arrière plan, au centre on voit le cratère
Saint-George, à environ cinq kilomètres, au pied des Monts Apennins
(photo USIS). L'absence d'une atmosphère, qui sur la Terre permet d'évaluer
la distance par "perspective atmosphérique", trouble l'appréciation
de cet éloignement.
Tout cela a coûté fort cher. Pour la mission Apollo
XV, il a été dépensé 445 millions de dollars,
soit 2,5 milliards de francs actuels. Les dépenses pour la Jeep se
sont élevées à 39 millions de dollars, y compris les
frais d'étude, les essais, et la réalisation de huit prototypes
(dont celui destiné à l'entraînement sur terre).
La présence dans l'astronef de systèmes de propulsion à
réaction et à roues peut conduire à une méditation
sur les transports dans le cosmos, y compris notre minime planète.
On peut trouver une telle méditation prétentieuse ; mais nous
pensons qu'il n'est jamais inutile de comparer, de classer, de réfléchir.
Pour classer un véhicule, on peut partir de l'état physique
de l'espace dans lequel ou sur lequel il se meut : espace solide, liquide,
gazeux ou vide, ou surface de séparation de deux états (par
exemple solide et eau, solide et vide, etc.). Il faut distinguer aussi le
phénomène physique sur lequel on se base pour assurer la propulsion
: adhérence, gravitation, effet de vis, réaction, pression,
fluidité, etc. Il faut tenir compte aussi des quantités d'énergie
à mettre en jeu. On ne prend pas un marteau-pilon pour écraser
une mouche, ni une fusée Saturne pour pousser une motocyclette...
Par exemple, sur notre terre ou dans son ambiance, il peut être question
de se déplacer à très haute altitude, c'est-à-dire
dans le vide, au moyen de la fusée dans l'air on pensera à la
vis de l'hélice, ou à des réacteurs, voire à des
fusées quand on veut échapper à l'attraction terrestre.
A la surface de séparation de l'eau et de l'air, on se sert des bateaux,
avec utilisation de la pression du vent sur les voiles, d'une hélice
placée dans l'air ou dans l'eau, ou d'une roue à palettes. A
la surface de séparation de la terre et de l'air, on utilisera les
classiques voitures automobiles, avec emploi de la roue, grâce à
l'adhérence et à la pesanteur. Dans l'eau, l'hélice du
sous-marin est tout indiquée. Le piéton utilise la pesanteur
et l'adhérence, comme le cheval. A la surface de séparation
de la terre et de l'eau, un véhicule submersible peut employer également
la pesanteur et l'adhérence. Et dans la terre solide ? On peut assimiler
à un véhicule ces engins de forage des tunnels, qui, à
l'imitation des taupes, désagrège devant eux la roche solide,
et la rejette derrière eux pour progresser, ou plutôt pour faire
progresser le tunnel ; à la vérité ce sont plutôt
des machines-outils que des véhicules.
Dans l'espace intersidéral, on utilise la fusée, c'est-à-dire
la réaction. Mais on fait aussi emploi de la gravitation qui, si elle
demande un effort quand on veut la vaincre pour lui échapper, devient
une force motrice quand on veut aller dans le même sens. Il faut la
fusée pour s'éloigner de la terre, mais la gravitation devient
motrice quand on se rapproche de la Lune, un point de gravitation nulle se
trouvant entre les deux astres.
En gros, quand il s'agit d'échapper à une gravitation dans un
fluide ou dans le vide, on emploie la réaction, parce que capable de
poussées formidables, et surtout parce que capable de les exercer dans
le vide, puisque le milieu est le vide quand on s'éloigne de la terre,
tout en étant encore soumis à son attraction. Quand on se meut
sur une surface solide à peu près perpendiculairement à
la direction de la gravitation, on fait appel à l'adhérence
qu'elle donne sur une surface solide opposée à sa direction.
Quand il s'agit de se déplacer dans un fluide suffisamment dense, sans
vouloir échapper à la gravitation, on utilise la vis, c'est-à-dire
l'hélice.
Ce classement fait intervenir l'opération mécanique ultime ou
la plus apparente, car il est bien évident que, dans l'automobile par
exemple, la force motrice peut venir soit d'un moteur à explosions,
soit d'un moteur électrique alimenté par un générateur
électrochimique. Dans les deux cas, la force motrice appliquée
aux roues fera intervenir l'adhérence, résultant elle-même
de la pesanteur.
Dans l'obus (style Jules Verne) considéré comme un véhicule
pour milieu fluide ou vide, on voit la pression pousser le mobile comme fait
une voile pour un bateau. Dans la fusée au contraire, qui a un effet
"canon" quand le mobile est dans un fluide où les gaz trouvent
un appui sur une matière douée d'inertie, c'est l'effet "quantité
de mouvement" qui intervient quand le fluide où se déplace
l'obus disparaît pour être remplacé par le vide. Le gaz
et le projectile partent en sens inverses, en fonction de leurs masses respectives.
On voit apparaître l'idée de la source d'énergie, thermique,
chimique, électrochimique, électrique, nucléaire. Et
pour cette source, il faut considérer non seulement la quantité
d'énergie qu'elle peut fournir en tout, problème d'énergie
massique, mais encore la quantité d'énergie qui peut être
produite pendant l'unités de temps, c'est-à-dire la puissance
massique. Dans le cas des très fortes puissances c'est évidemment
l'énergie nucléaire et l'énergie chimique qui prennent
les premières places. Les explosions nucléaires et les poussées
des fusées de lancement des astronefs sont de bons exemples mais l'énergie
chimique est plus facile à discipliner pour l'instant.
Pour des puissances moyennes ou faibles les sources d'énergie thermique
ou électrique sont intéressantes. Les moteurs des véhicules
automobiles classiques sont utilisables. Mais une distinction est encore à
faire si le milieu peut fournir un des éléments de réaction,
le comburant, le cas est avantageux. Si le problème se pose pour le
vide, il faudra donner au moteur à la fois un combustible et un comburant.
C'est le cas pour les piles à combustibles qui donnent l'électricité
et l'énergie à bord des astronefs ; ces derniers doivent recevoir
non seulement l'hydrogène, mais aussi l'oxygène.
Dans le cas du voyage de la Terre à la Lune, l'astronef ne peut compter
sur toute sa trajectoire que sur la fusée pour échapper à
la gravitation de la terre, parce que seule la réaction est capable
d'intervenir pendant le trajet dans le vide, et de donner la poussée
suffisante. L'astronef bénéficie ensuite de la gravitation de
la Lune pour se mettre sur une orbite autour de notre satellite. Pour quitter
cette orbite et descendre sur la Lune, puis pour remonter vers la capsule,
il faut encore la fusée et son impulsion, en vue, soit de freiner la
descente sur la Lune, soit de vaincre son attraction, soit de regagner la
Terre. Mais quand le piéton astronaute foule le sol du satellite et
se trouve sur une surface à peu près horizontale (par rapport
à la direction de la gravitation lunaire) à la séparation
entre l'espace solide et le vide, il peut utiliser pour se mouvoir, comme
sur la terre, la progression par adhérence, celle-ci étant moins
forte que sur la terre pour les mêmes surfaces en contact, car la pesanteur
est beaucoup plus faible. Encore faut-il choisir entre les manières
d'utiliser l'adhérence faut-il imiter la marche des animaux et celle
de l'homme ? Faut-il sauter à l'imitation des sauterelles et des kangourous,
ce qui serait facilité par la faiblesse de la pesanteur ? Faut-il glisser,
en faisant intervenir l'adhérence ou la réaction, ou une vis
? (le glisseur serait actionné par un réacteur, car il faut
éliminer l'hélice, puisqu'il n'y a pas d'air, et le tracteur,
car on ne ferait que déplacer le problème). Faut-il tout simplement
rouler ? Le problème posé recevra-t-il alors sa solution par
quatre ou six roues, ou par des chenilles ?
Le choix s'est arrêté sur quatre roues motrices et directrices
pour le véhicule lunaire. En ce qui concerne la force motrice, il ne
pouvait être question de la réaction, pour la pratique et le
bon rendement. Un moteur thermique à explosions poserait des problèmes
complexes, notamment parce que le comburant ne se trouverait pas sur la Lune,
sans atmosphère. Le générateur électrochimique
avec moteurs électriques était tout indiqué suivant un
plan général déjà employé sur Terre. Mais
la mise en oeuvre posait des problèmes nombreux et ardus, sur les solutions
desquels nous consacrerons un article prochain ; mais il est facile d'en donner
une idée. En considérant que la pesanteur sur la Lune est environ
le sixième de celle de la Terre, on déduit que les efforts de
roulement sont nettement plus faibles, et que la résistance due aux
pentes l'est également. On peut ajouter que la résistance de
l'air est inexistante. Mais comme la masse est exactement la même que
sur Terre les forces d'inertie sont les mêmes, avec les mêmes
problèmes d'accélération et de freinage. L'adhérence
est diminuée en proportion de la pesanteur. L'absence d'atmosphère
est un élément important de décision en ce qui concerne
ce qui doit remplacer les pneumatiques. Quant aux variations énormes
de température, elles posent de façon très particulières,
en rapport avec l'existence du vide, les problèmes du graissage et
des moteurs, et même de tout le véhicule. Nous en reparlerons.
Les victoires remportées par les techniciens de l'automobile dans la
présence du L.R.V. de la mission Apollo XV confèrent au véhicule
à traction électrique un prestige accru, une confirmation éclatante
de sa docilité, de sa souplesse et de sa fiabilité. L'expédition
a constitué un banc d'essai qui a conduit à une table rase des
habitudes et des solutions classiques, pour le plus grand bien du progrès
général.
G. GORY, AutoVolt, septembre 1971
Véhicule expérimentale ACL TEILHOL
Deux moteurs électriques, batteries plomb/acide.
structure métallique, coque en polyester stratifié; longueur
2.60 m.
Projet d'une évolution monocoque à trois roues.
URBANINA Primavera, Berlinetta et Minigip
Moteur électrique 1 kW, 24 V, 3 batteries d'accumulateurs, 170 Ah.
Roues arrière motrices.
La propulsion électrique à l'essai chez VOLKSWAGEN
Volkswagen Commercial, avec Bosch et Varta
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